3.1 Bien-être et cinq domaines : les protocoles comportementaux doivent soutenir à la fois les objectifs mmédiats ainsi que le bien-être général de l'animal et les objectifs à long terme. Les professionnels doivent adhérer au modèle des cinq domaines (Mellor et al., 2020 ; Littlewood et al., 2023), qui énumère les cinq composantes du bien-être animal : nutrition, santé, environnement physique, interactions comportementales et état mental.
A. Nutrition : Si l'animal semble avoir un poids anormal ou s'il existe d'autres raisons de soupçonner un problème nutritionnel, les professionnels doivent recommander une évaluation vétérinaire au propriétaire de l'animal et, avec son consentement, collaborer avec le vétérinaire si nécessaire. Les professionnels doivent rester dans les limites de leur champ d'activité lorsqu'ils font des recommandations ou donnent des conseils nutritionnels.
B. Santé : les professionnels doivent tenir compte de tout problème de santé sous-jacent susceptible d'influencer le comportement.
I. Pour tous les nouveaux cas, vérifier que l'animal a subi un examen vétérinaire au cours des 12 derniers mois. Si ce n'est pas le cas, recommander à ses propriétaires de prendre rendez-vous afin d'écarter tout problème médical éventuel.
II. Orienter vers un vétérinaire si les problèmes de comportement sont graves, soudains, multifactoriels, difficiles à expliquer par des facteurs environnementaux ou liés au développement, ou si les progrès sont limités malgré une intervention appropriée.
III. Modifier les plans d'éducation si nécessaire pour tenir compte de l'état de santé et du stade de vie de l'animal, tout en continuant à œuvrer vers les objectifs fixés.
C. Environnement physique : les professionnels doivent évaluer si l'environnement de l'animal répond à ses besoins comportementaux, émotionnels et biologiques. Cela comprend, sans s'y limiter (Mellor et al., 2020) :
● Un espace suffisant
● Un lieu de repos/ un substrat approprié
● Un air sain et une qualité de l'air appropriée (par exemple, des niveaux d'humidité adaptés à l'espèce)
● L'absence de sons ou d'odeurs désagréables ou nocifs
● Une température appropriée
● Des conditions propices à un sommeil suffisant
● Un équilibre raisonnable entre prévisibilité et variabilité
● Aucune exposition prolongée à des stimuli suscitant la peur
i. Fournir des recommandations et une assistance au client afin d'améliorer l'environnement si nécessaire, tout en tenant compte des capacités et des ressources du client.
ii. Les plans comportementaux doivent être ajustés afin de minimiser l'exposition prolongée à des facteurs environnementaux susceptibles de provoquer un stress nocif, de la peur ou de l'inconfort. Le professionnel doit identifier et réduire les facteurs qui satisfont mal les besoins de l'animal.
D. Interactions comportementales : un élément essentiel de tous les plans comportementaux et éducatifs est la prise en compte des interactions de l'animal avec son environnement, les humains et les autres animaux (Littlewood et al., 2023). Les professionnels doivent évaluer ces interactions et, si nécessaire, mettre en œuvre des programmes comportementaux les intégrant. Par exemple, si un animal affiche un comportement craintif ou agressif lors d'interactions sociales, un protocole peut inclure d'éviter ou de minimiser les situations stressantes, de former les propriétaires à observer et à réagir de manière appropriée au langage corporel de l'animal, d'augmenter les exercices d'enrichissement et de renforcement de la confiance, et mettre en place une désensibilisation et un contre-conditionnement.
i. Les professionnels doivent prendre des dispositions préalables réfléchies qui répondent aux besoins de l'animal, en veillant à ce que l'environnement soit géré de manière à empêcher la répétition de comportements indésirables et à favoriser le changement de comportement.
ii. L'autonomie est essentielle au bien-être (Englund et Cronin, 2023 ; Littlewood et al., 2023 ; Špinka et Wemelsfelder, 2016). Par conséquent, les programmes comportementaux doivent offrir à l'animal contrôle, choix et autonomie chaque fois que cela est raisonnable et sans danger. Dans toutes les interventions, les animaux doivent se voir offrir plusieurs choix stimulants, tels que la possibilité de participer ou non à la séance d'entraînement, le choix des renforçateurs à utiliser et la manière d'interagir socialement. Les plans comportementaux doivent être ajustés en fonction des réactions de l'animal.
iii. Les professionnels doivent traiter chaque individu, quelle que soit son espèce, avec respect et considération pour sa nature unique, ses préférences, ses capacités et ses besoins. Cela implique notamment de s'efforcer activement de comprendre les préférences de l'animal. L'objectif du professionnel est de créer un partenariat qui valorise le confort et le bien-être de l'animal.
E. État mental : Les protocoles comportementaux doivent donner la priorité au bien-être émotionnel de l'animal en plus d'atteindre les objectifs comportementaux. Les professionnels doivent tenir compte des expériences subjectives de l'animal, ainsi que des mesures objectives de son comportement, afin de s'assurer que les interventions sont éthiques et mènent à des résultats durables.
3.2 Choix de la méthode :Les professionnels doivent utiliser des méthodes d'éducation non aversives et/ou basées sur le renforcement positif, et favoriser le bien-être émotionnel et le confort de l'animal. L'accent doit être mis sur la liberté de l'apprenant à adopter des comportements qui lui sont profitables.
A. Les professionnels ne doivent pas utiliser de techniques d'éducation, de gestion ou de modification du comportement qui reposent sur la peur, la douleur, la détresse ou la souffrance. Cela inclut, sans s'y limiter :
● Les stratégies basées sur la punition positive
● Les pratiques de contrôle qui restreignent de manière significative les mouvements, les choix ou la capacité de l'animal à adopter des comportements normaux
● La privation intentionnelle de nourriture, d'eau ou d'interaction sociale
● Les outils ou équipements conçus pour causer, ou qui ont pour effet de causer, de la peur, de la douleur ou de la surprise
B. Les professionnels doivent faire tout leur possible pour reconnaître leurs propres biais lorsqu'ils envisagent le choix d'une méthode et travaillent avec des animaux et des humains. Les professionnels doivent s'efforcer de prendre en compte le point de vue de l'apprenant (humain ou animal). En outre, les professionnels doivent reconnaître que certains états internes, tels que la douleur, la peur, le stress ou la fatigue, peuvent constituer des contre-indications à la l'éducation et exigent que le bien-être immédiat de l'apprenant prime sur toute intervention.
C. Les professionnels comprennent que seul l'apprenant peut déterminer ce qui est agréable ou aversif et doivent reconnaître et appliquer ce principe dans l'intérêt et pour le bien-être de l'apprenant. Les professionnels élaboreront des interventions d'éducation ou de comportement en fonction de la race, de l'âge, de la santé, de l'environnement, des expériences passées de l'animal, ainsi que des connaissances, des compétences et des capacités du propriétaire ou de la personne en charge de l'animal. Le professionnel doit évaluer en permanence la manipulation, les caresses, les interactions, la nourriture, les outils, l'équipement et l'environnement du point de vue de l'animal.
D. En plus des approches énumérées au point 3.1, les professionnels s'attacheront à enseigner et à renforcer les comportements souhaités afin de remplacer les comportements indésirables, tout en veillant à ce que le nouveau comportement remplisse une fonction similaire pour l'animal.
E. Lors de l'utilisation de nouveaux outils de sécurité et de contrôle, un processus de conditionnement complet doit être mis en place afin de s'assurer que ces outils ne provoquent pas de peur, d'anxiété ou de douleur chez l'animal, ou qu'ils ne lui sont pas désagréables. Cela ne justifie pas l'utilisation d'outils qui ne seraient pas autorisés en vertu du point 3.2.A. Les propriétaires ou les personnes en charge de l'animal doivent apprendre à utiliser le matériel d'entraînement de manière sûre, efficace et de façon à protéger le bien-être physique et émotionnel de l'animal.
F. Le programme comportemental doit minimiser les risques pour l'animal, la personne en charge de l'animal et la communauté, il doit également prendre en compte les risques prévisibles pour l'animal et le public.
G. Les professionnels peuvent travailler avec des clients qui utilisent déjà des techniques ou des outils aversifs, à condition qu'ils n'introduisent, ne recommandent pas ou ne mettent pas en œuvre eux-mêmes ces méthodes. Dans de tels cas, le professionnel doit faire de son mieux pour éduquer et aider le client à passer à des alternatives respectueuses et fondées sur la science qui privilégient le bien-être de l'animal. Cette approche repose sur la réduction des souffrances et la préservation des relations, en reconnaissant que le maintien de la confiance avec le client augmente les chances d'un changement positif durable. Au cours du processus de transition, le professionnel doit également faire tout son possible pour atténuer les effets négatifs sur l'animal. L'objectif est de remplacer les mesures aversives préexistantes par des stratégies efficaces, non aversives ou basées sur le renforcement positif, qui garantissent le succès comportemental et le bien-être à long terme.
3.4 Les professionnels doivent entretenir leurs compétences en matière d'éducation et de comportement animal grâce à une formation continue adéquate et approuvée.
3.5 Les professionnels doivent entretenir une connaissance fonctionnelle des lois, de l'éthique et des normes professionnelles applicables, et s'y conformer.
3.6 Les professionnels doivent communiquer leurs qualifications, leurs certifications, leur expérience, leurs performances et les tarifs de leurs services avec honnêteté et transparence.
3.7 Les professionnels doivent s'abstenir de fournir des garanties concernant les résultats spécifiques des programmes d'éducation et de comportement.
3.8 Les professionnels doivent divulguer pleinement les conflits d'intérêts potentiels à leurs clients et aux autres professionnels.
3.9 Les professionnels doivent exercer leur activité dans le cadre de leur formation professionnelle et de leur expertise reconnue et doivent rechercher des conseils ou une formation supplémentaires lorsqu'ils sont confrontés à des cas complexes ou difficiles. Les professionnels doivent s'abstenir d'accepter des cas qui dépassent leur expérience.
3.10 Les professionnels doivent respecter leur champ d'activité en s'abstenant de donner des conseils sur des problèmes qui ne relèvent pas de leur formation professionnelle et de leurs certifications reconnues, et ne doivent pas donner de conseils ou de recommandations dans les domaines de la médecine vétérinaire ou du soutien psychologique familial, à moins d'être titulaires des titres et qualifications pour le faire.
3.11 Les professionnels ne doivent pas permettre à leurs employés, sous-traitants ou subordonnés d'exercer ou de se présenter comme compétents pour exercer des services professionnels qui dépassent leur formation, leur expérience et leur certification. Les professionnels sont tenus de veiller à ce que leurs employés, sous-traitants ou subordonnés respectent les normes communes de pratique et le code de déontologie dans le cadre de la prestation de services.
3.12 Les professionnels doivent s'assurer que leurs recommandations et opinions sont exactes, fondées sur des preuves et dans les limites de leur expertise. Lorsqu'ils font des déclarations publiques, les professionnels ont la responsabilité supplémentaire de présenter ces points de vue de manière claire et responsable, en reconnaissant leur impact potentiel sur le public.